Il est sept heures du matin au port du
Havre et un moteur à carburateur double corps ronfle au loin.
Le véhicule approche à vive allure,
mais qu’est ce ?
C’est une Bx sport qui approche. Au
volant c’est Jackie, et il ne vient pas enfiler des nouilles sur une ficelle.
Il a les deux mains cramponnées au
volant, il roule à plus de soixante dix kilomètre heures, les dos d’ânes ne lui
font pas peur grâce à ses suspensions hydraulique de toute façons, même sans
suspensions, Jackie, c’est pas une tarlouze il fonce tête baissée. Rien ni
personne ne lui fait peur.
Dans l’autoradio la cassette des avions, la chanson nuit sauvage résonne comme un hymne à la bagarre. Ce
que vous appelez la bagarre, Jackie il appelle ça du yoga !
Ce matin encore, Jackie a une mission
baston. Ça va saigner au port du Havre. Même les mouettes en chient dans leurs
slips !
Ça y est il arrive devant le bateau
prénommé l’ordre. Un putain de
paquebot Grec, dans sa tête Jackie il réfléchit, et il se dit qu’il va pas se
laisser emmerder par des tafioles bouffeuses de tzatziki
Son commanditaire, un type gominé à qui
t’évite de chatouiller les testicules avec un plumeau, lui avait dit dans un
grand rire sarcastique :
-Je te donne l’ordre d’aller mettre le
désordre sur l’ordre !
Ce qui, sur le moment avait laissé
Jackie assez dubitatif. Faut dire qu’il est super balèze Jackie, mais il a
juste autant de neurones qu’un double big mac sauce ketchup mayo.
Il fait un dérapage et la voiture
s’immobilise. Il descend de la voiture en ne négligeant pas de fermer
violemment la portière. Jackie il a autant de tendresse qu’une feuille de
papier de verre qui crisse sur un tableau noir.Il regarde le bateau d’un air de
conquistador. Et tout à coup il éclate de rire, il vient enfin de comprendre la blague
de son employeur !
T’es un winner Jackie.
Aller fini la rigolade, c’est l’heure
de la castagne. Il entame sa montée dans le bateau quand un premier marin a le
malheur de lui demander ce qu’il veut. Le pauvre se retrouve projeté tel un
vulgaire morceau de viande dans la mer en un éclair.
Il est à présent dans les coursives du
bateau et les marins volent au vent tel des feuilles mortes ça en serait
presque beau si ils ne couinaient comme des gorets.
Rien ne peut arrêter Jackie
quand il est lancé, il arrive devant une porte de cabine, donne un coup de son,
soixante deux fillette dedans et pénètre dans ce qui est à présent l’endroit ou
sa cible va goutter de la tarte aux phalanges de Jackie le marmiton de la
baston !
La cible l’attendait de pieds fermes,
elle savait qu’il allait venir.
Ils sont face à face et s’observent un instant
dans le brouhaha du navire en alerte.
-Je savais que ce moment allait
arriver, mais je n’ai pas peur de toi
Jackie ! D’ailleurs je n’ai peur de personne en navire qui sonne !
Jackie ne pipe pas mots, de toutes
façons il n’est pas là pour faire des discours, mais pour écraser de la gueule
à grands coups de pieds et mains !
Des PMG comme il aime les appeler.
La cible entame un rituel gestuel de karatéka, en position de faire presque caca pour se préparer au combat.
Chose
bien inutile, car Jackie viens de sortir une boite de chocolat en poudre vide
et vient de lui enfoncer le melon qui lui sert de tête dedans.
Que même à ce
moment on se demande ou elle était cachée la boite, mais qu’on le demandera pas
à Jackie, sinon il nous péterait la gueule.
La cible déambule un instant dans la
cabine se cognant sur les parois telle une boule de flipper qui roule, qui roule,
comme le décrivait si bien Corynne Charby , et s’effondre étouffée.
Jackie s'en retourne à sa Bx sport sans
piper mot en terminant quelques marins déjà à terre à coup de rangers cirées au
crachat de couillues.
Il remonte dans sa voiture, remet
l’autoradio en route et s’en va dans un nuage de poussière.
A présent à la question :
Croustibat, qui peut te battre ?
On peut répondre sans douter :
Jackie !
Shado
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